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 Mes chroniques

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Hizumi-Scissorhands-

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Date d'inscription : 27/07/2010
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MessageSujet: Mes chroniques   Mer 28 Juil - 7:50

J'écris également quelques chroniques d'albums. Je vous les laisse découvrir. Je commence avec la chronique de THE MARROW OF A BONE (Dir en grey) (que beaucoup de gens ont déjà lu je pense bien), suivront UROBOROS et REDEEMER (D'espairsRay).




DISC 1

01. Conceived Sorrow
02. Life Buried with a Vengeance
03. The Fatal Believer
04. Agitated Screams of Maggots
05. Grief
06. Ryoujoku no ame
07. Disabled Complexes
08. Rotting Root
09. Namamekashiki ansoku, tamerai ni hohoemi
10. The Pledge
11. Repetition of the Hatred
12. The Deeper Vileness
13. Clever Sleazoid

DISC 2
"Unplugged"

01 - Namamekashiki Ansoku, Tomadoi Ni Hohoemi
02 - Conceived Sorrow
03 - Pledge

The Marrow of a Bone (dit TMOAB Pour aller plus vite), l'album de DIR EN GREY qui a fait coulé énormément d'encre, qui aura attisé les feux des uns et les acclamations des autres.

La première chose que l'on pourra remarquer, c'est directement la cover de l'album. Véritable hommage au groupe de Crust anglais : Amebix pour son No Sanctuary et généralement, qui dit cover dans la même veine dit ambiance musicale dans la même veine... Et en effet, à l'image du No Sanctuary d'Amebix, une immersion dans le monde de The Marrow of a Bone des Dir en grey revient à peu près à effectuer une plongée en eaux glauques, là où l'obscurité règne en maître absolue, dans la peau d'un troglobie Typhlichthys subterraneus, poisson cavernicole incolore aveugle. Et pour cause, inutile de voir ce qui est laid, inutile de scruter le néant, ce qui nous attend n'est autre qu'un sort funeste.

Cet album est une très grande prise de risque avec l'arrivée d'un son beaucoup plus lourd et brut tout en gardant bien entendu la recette de DIR EN GREY. Une sorte de groove metal rageux, puissant et varié, ajoutant une ambiance plus noire, plus glaciale mais aussi plus humaine.

Si le côté malsain de Vulgar paraît noir et que Withering To Death est un dénonciateur des horreurs humaines, à côté le MOAB paraît poisseux et violent accusateur. The Marrow of a Bone fait peur. Oui, fait peur. Cette sixième livraison des 5 japonais impressionne et surprend par sa noirceur.
Un album lourd avec ses lyrics torturés, ses hurlements déchirants et ses sanglots rageurs, album où les couleurs ne trouvent pas leur place dans cet univers crasseux et dérangeant où se mêlent enfance, violence, haine envers le star-system, drogue, malêtre, suicide, viol et autres maux de la société moderne.

DIR EN GREY a mûri. Dorénavant, le propos sera plus violent, plus direct. Titres courts, explicites et intenses, voilà le nouveau DIR EN GREY. Les guitares de Die et Kaoru se font vrombissantes, tranchantes, en synchro ou en solo créant des ambiances particulièrement glauques à l'aide d'un simple grattement de cordes (REPETITION OF HATRED). Les guitaristes n'hésitent cependant pas à éteindre la distorsion massive et à prendre la guitare acoustique donnant un ton plus léger mais tout aussi froid et noir à des titres tels que Namamekashiki ansoku, tamerai ni hohoemi qui se termine de façon hurlante et déchirante ou encore CONCEIVED SORROW où piano inquiétant, cordes lugubres et voix sur le fil du rasoir s'accordent pour en ressortir une perle noire. Côté Toshiya c'est sa basse pachydermique qui donne le ton n'hésitant pas à alterner jeu jazz et métal comme sur DISABLED COMPLEXES. Quant au batteur Shinya c'est à grands coups claquants de caisse claire, de frappes hallucinantes sur ses fûts et son effet rouleau compresseur de double pédale qu'il crée une rythmique en béton armé, tel un mur de son indestructible.

L'adolescent Kyô se rebelle, s'émancipe, et libère toute sa haine et sa violence de manière crue et franche. Les titres sont d'ailleurs évocateurs : GRIEF, Agitated Screams Of Maggots ou autres Clever Sleazoid ne font que renforcer cette impression de rage sourde émanant de l'album. De victime, le poète hurleur devient bourreau ; jadis enfant craintif il est maintenant un adolescent revanchard ; il ne pose plus de questions mais donne les réponses. Le chant du parolier blond témoigne d'un large panel vocal notamment en terme de scream. Du growl au screamo, passant par un semblant de Banshee, chaque hurlement sonne de manière sincère comme si cette colère ne pouvait s'exprimer autrement. Le chant clair servant à poser une part de poésie au travers de ce crachat vocal vient adoucir certaines compositions, renforçant le côté "touchant" et sensible de celles-ci.

La production cheap confère à l'album un son gras retranscrivant à merveille ce flot irréfléchi de violence qu'est The Marrow of a Bone. Et c'est ce qui est fascinant à l'écoute de ces 13 titres : leur franchise. Kyô s'époumone lors de pétages de câbles ahurissants, les guitares crachent des riffs farfelus superposant grondements de tondeuses et gémissements de larsens, la basse groove comme jamais( KoRn n'est pas loin), créant sa propre mélodie (contrairement à maintes groupes qui ne font de cet instrument qu'un complément rythmique par rapport aux guitares) et pourtant le tout reste crédible. Jamais cette violence ne paraît simulée, pour la simple et bonne raison que The Marrow of a Bone vient des entrailles, dernières charges amères des sacrifices et du malêtre de Kyô prônant haut et fort la noirceur de notre monde et son dégoût pour notre société.

L'ensemble est une entité haineuse, violente et menaçante et ce même lors des power ballads de l'album tels que THE PLEDGE ou CONCEIVED SORROW, la noirceur et la froideur s'imposent avec férocité et sensibilité, c'est ainsi que la torture détruit les tripes.

The Marrow of a Bone est de toute évidence un album venu du fond des tripes du Japon, authentique et vrai. Le quintet nippon impose sa vision nouvelle et expérimentale du métal en mixant astucieusement des morceaux à mi-chemin entre Groove metal et Metalcore, d'autres plus Rock, des power ballads dans une atmosphère gothique et lugubre.
On peut noter que cet album assez personnel dans l'approche et la réalisation se veut influencer par énormément d'artistes de la scène du métal nord-américain. Se dénombrent des sonorités de groupes tels que Coal Chamber, DevilDriver, Dry Kill Logic, Exilia (Italie), Drowning Pool.
Ce qui est loin d'être un mal en soi.

DIR EN GREY s'affirme de nouveau, avec cette galette, en symbole de la scène japonaise, voire même internationale et en tant que dénonciateurs de la jeunesse en malêtre dans notre société. Cependant, c'est un album à ne pas mettre dans les oreilles de toutes et de tous. C'est un disque, plus qu'à l'accoutumée chez DIR EN GREY, très difficile d'accès.

Il en reste une expérience inoubliable, à écouter et à décortiquer dans le noir, seul mais surtout à vivre en live.

Retrouvez ma chronique à cette adresse : TMOAB on Spirit of Metal
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Hizumi-Scissorhands-

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MessageSujet: Re: Mes chroniques   Mer 28 Juil - 7:50

UROBOROS (Dir en grey)




DISC 1

1. Sa Bir
2. Vinushka
3. Red Soil
4. Doukoku to Sarinu
5. Toguro
6. Glass Skin
7. Stuck Man
8. Reiketsu Nariseba
9. Ware, Yami Tote…
10. Bugaboo
11. Gaika, Chinmoku Ga Nemuru Koro
12. Dozing Green
13. Inconvenient Ideal

DISC 2
"Unplugged"

1. Ware Yami Tote
2. Incovenient Ideal
3. Red Soil
4. Dozing Green (Before construction)
5. Dozing Green (Remastered Version)
6. Glass Skin (Remastered Version)


Uroboros ; estampe sonore où Kannon, le bodhisattva de la compassion, entend les supplications du monde...

Entité non négligeable de la musique, je vous invite à entrer dans le monde de DIR EN GREY et plus précisément dans le monde du disque qui est le fruit de leur consécration, leur atteinte de l'état Adam Kadmon : Uroboros.

Retour rapide sur l'évolution musicale du quintet japonais.

-D'abord espoir de l'univers visual kei, à l'état de bourgeon, dans la fin des années 90, Dir en grey était un groupe à part qui, malgré un son punk-rock et pop distillait un univers noir, glauque et terriblement réaliste dû au lourd vécu de son frontman et parolier : Kyô. Après avoir marqué le public de part son premier album ; Gauze, le groupe décide de casser les codes de celui-ci sur le second : Macabre en s'auto-produisant. L'ambiance et le message sont restés identiques sauf que la musique se prêtait davantage aux revendications via un style rock plus sombre et torturé. Au cours des années 2000, le groupe expérimente la voie du métal au sens large, le renouvelant sur chaque opus et évoluant à chaque fois sur des tons de plus en plus agressifs. Laissant définitivement derrière eux les looks branchés le quintet nippon s'attaque en 2007 avec violence et sensibilité aux structures plus complexes, nouveau tournant artistique amorcé par l'incompris, glacial et lugubre The Marrow of a Bone qui se voit avoir, ici, une incroyable et époustouflante suite avec cet Uroboros qui fait entrer DIR EN GREY au panthéon des groupes intouchables. Uroboros, la pièce maîtresse au travers duquel l'expérience de tous les précédents disque se ressent.-

DIR EN GREY est avant tout un son, une genèse acoustique des plus improbables il y a un peu plus de dix ans.

Et sur cet album le son est démentiel, massif. Le groupe ne veut pas réellement s'embarquer dans quelque chose de nouveau ou de très différent de ce qui a été fait précédemment mais est plutôt dans une optique d'acception de soi. DIR EN GREY reprend les ingrédients qui font son identité et va même rechercher des éléments des albums précédents, comme, ici, l'indépendance des instruments et l'omniprésence de la basse bien à Macabre, les sons électroniques de Kisou, les mélodies de Withering To Death., le rock agressif et la tournure poétique de Vulgar ainsi que l'ultra-violence froide de The Marrow of a Bone.
Sur Uroboros, DIR EN GREY devient sa propre et principale influence avec cette exploitation de leur héritage musical acquis jusqu'à présent et veut lui faire hommage de la meilleure façon possible. Ce disque renferme donc à la fois le passé de DIR EN GREY, son présent mais également son futur.



- Peintres et protagonistes de cette estampe musicale :


L'aboutissement des instruments est exceptionnel, une parfaite concordance entre eux qui ne forment qu'un, qu'une seule et unique entité comme un puzzle géant où la suppression d'une seule pièce fait que le tout s'effondre.

La concordance des guitares de Kaoru et Die est remarquable et forme une symbiose sonore. Les deux guitaristes jouent dans plusieurs domaines, bien qu'avec une majorité en saturé, ils n'hésitent pas à passer dans le registre acoustique où les deux énergumènes grattent même une mandoline et un Sitar électrique. Le riffing électro-distordu est très heavy et varié, empruntant beaucoup de codes au thrash et au metalcore. Cette lourdeur et agressivité électrique sait se faire planante et ambiante avant de replonger dans les profondeurs et grésillements, bien au post-rock, avec une cohérence hors du commun. Un seul petit riff suffit à identifier le groupe, un simple grattement de corde pose une ambiance gigantesque, les quelques fins et courts solos agrémentent de couleurs cette toile sonore.

Toshiya et sa basse nous prouvent qu'il y'a une infinité de possibilités de faire sonner une basse par simple fortement de cordes ou en slapping (STUCK MAN), de créer sa propre ligne mélodique mais surtout de la rendre cohérente au milieu des autres instruments. La façon dont celle-ci est mise en avant ne gâche en rien le son, on est même surpris par l'aspect clean de chaque instrument qui sonne bien distinctement sans empiéter sur les autres et à aucune fois on entendra un son 'brouillon'.

Shinya, le drummer infernal du groupe impressionne encore en osant des rythmes non conventionnels, en changeant son approche de la batterie. 8 beats sont joués pour l’intro de BUGABOO, et à côté de ça, il y'a une construction anormale pour tous les autres morceaux. L’enchaînement dans RED SOIL n’avait jamais vraiment été fait jusque là, il y'a une combinaison de la charleston et la ride sur le pont de Glass Skin et Gaika, Chinmoku Ga Nemuru Koro a le tempo DPM228, le plus rapide que Shinya ait pu jouer jusqu'à présent. La batterie est donc pas mal sollicitée, même lors de chansons plus posées (Glass Skin). On pourra également noter, grâce aux sieurs Shinya et Kaoru, la présence fréquente du piano dans les compositions renforçant la mélancolie de l'ambiance ou permettant à l'auditeur des envolées plus légères (Glass Skin, Dozing green) ainsi que d'autres effets d'orgues au milieu des lourdes guitares saturées (RED SOIL). Le batteur joue même du conga et des percussions (Ware Yami Tote, Reiketsu Nariseba) pour coller à l'ambiance. Ce sont d'ailleurs les deux seuls endroits de l'album où il fera de l'overdub.

Du côté du poète Kyô, ce qui frappe directement est l'apparition de grunts profonds et de borborygmes dans ses lignes vocales. Son panel vocal se démontre comme extrêmement diversifié, et cela que ce soit en chant clair, qu'en cris, bruits loufoques. Kyô nous dévoile sa capacité à réaliser un chant diphonique sur quelques passages au cours de l'album, ceci contribuant à renforcer l'ambiance mystique du disque. Le chanteur offre un récital de sons au travers de la musique en imitant un moine bouddhiste ou encore un mantra. Il y'a beaucoup de personnages qui entrent en scène dans ses chansons, certains sont doux, d'autres offensifs, Kyô se devait donc d'utiliser sa voix de façon judicieuse afin de donner vie à ses paroles, à son histoire contée. Au travers de ses textes à la fois durs et poétiques, il dépeint une véritable pièce mélodramatique où il incarne chaque personnage et chaque dialogue.

Se prenant à tour de rôle pour Kiyoharu Mori, Mikael Åkerfeldt, Mike Patton, King Diamond et Jonathan Davis, Kyô signe ici ses nouvelles signatures vocales personnelles qui l'accompagneront désormais.

Le CD -unplugged- en bonus dans la version limitée, voit quelques invités pour cet autre aspect des compositions. Sont remarqués Jun Fukamachi (compositeur de jazz-fusion) au piano et à l'orgue sur Ware, Yami Tote... et INCONVENIENT IDEAL ainsi que TADASUKE au piano sur RED SOIL.



- Uroboros en lui-même :

Les 5 nippons ont, sur Uroboros, un souhait de mélodies orientales avec une expérimentation du son poussée très loin. Diverses sonorités acoustiques et électroniques côtoient les chants sacrés. DIR EN GREY essaye de dépeindre au travers du disque des teintes et atmosphères religieuses sous un angle purement Japonais. Tout ceci se faisant en partie grâce à l'utilisation d'un synthétiseur, d'une mandoline, d'un Sitar électrique par les deux guitaristes qui ont également utilisés plusieurs objets divers pour gratter leurs cordes de guitares sur certains morceaux. Des congas de la part de Shinya, les variations vocales de Kyô ainsi que d'autres instruments folkloriques ont été nécessaires à cette œuvre.

Tous les titres font preuve d'un sérieux travail de composition, sur les sonorités, sur les mélodies surtout sur l'atmosphère et l'ambiance générale. Pour confirmer sa marque de fabrique, comme à l'accoutumée chez DIR EN GREY, chaque titre, chaque riff, chaque intonation de voix est des plus personnelles au groupe. Le tout sonne tout simplement "DIR EN GREY", et cette fois-ci mieux que jamais. DIR EN GREY exploite pleinement son propre héritage culturel et musical.

Il n'est donc pas anodin de retrouver quelques clins d'œil volontaires à leurs anciennes œuvres ; comme la structure de Reiktesu Nariseba qui fait fortement penser à celle de HYDRA (Macabre), le pont électro-psychédélique de STUCK MAN qui aurait pu trouver sa place dans Kisou, le début post-rock de Toguro provocant une petite réminiscence de 24 Cylinders (Kisou) ou Drain Away (VULGAR) en plus lent. Sans compter sur le flow stéréotypé indus-punk que Kyô chérit dans RED SOIL rappelant Audrey (Macabre) ou ses propres compositions en solo via ses "poem books".

Là où le groupe sait créer des ambiances intimistes, il sait aussi ne livrer que sa hargne, ses reproches et martyriser son confident avec un condensé où le mal-être et la fureur harcèlent... Le parfait compromis entre violence, ambiance et sensibilité. Mais peut-on parler de simple violence sur ce disque ? La réponse est non.
Là où beaucoup de groupes s'engouffrent dans une violence brute et non maîtrisée, les japonais de DIR EN GREY préfèrent prendre un certain recul afin de rendre leur violence plus intelligente mais surtout poétique. Façon de faire qui n'est pas sans rappeler un certain Opeth.

Le groupe sculpte une musique à sa propre image in vivo ; une musique noire et puissante, hypnotique, hallucinogène et hallucinée, capable de transporter l'auditeur vers d'autres sphères.

Sa bir ouvre sur un monde et nous fait plonger en profondeur, on se demande comment sera le prochain endroit qui va s’ouvrir à nous. L'auditeur vagabond ne se posera pas la question plus longtemps quand résonnent les premières notes de VINUSHKA ; véritable noyau de l’album et du groupe s'écoulant sur une durée de 9 minutes et 30 secondes intenses.



- La plainte d'un homme, d'un monde :

Partie de la chronique, exclusivement consacrée au parolier et à sa poésie. Du côté des revendications, les morceaux ont eux même un fort univers, qu’il soit restreint ou alors très vaste. Uroboros apparaît une fois de plus comme le plus recherché par rapport aux précédents, là où The Marrow of a Bone était une violente insulte physique envers la société moderne, Uroboros traite, à son image, de sujets plus psychologiques, tout en continuant d'être en rapport avec les horreurs humaines et le malêtre qu'impose la société moderne à l'Homme.

Les thèmes abordés restent globalement les mêmes que d'habitude chez eux, Kyô écrivant toujours par rapport à ce qu'il ressent, observe et vit au quotidien : La culpabilité, la destruction, le rapport de l'humain à la haine, l'amour, la mort et plus subtilement : la demande du pardon.

Quand la tension des 13 entités musicales du disque retombe, les riffs qui ont marqués la douleur et la lourdeur des sensations restent à l’esprit, mais ça ne se limite pas qu’à ça. Pour la première fois chez DIR EN GREY et surtout dans les textes de Kyô surgit une impression de douceur et d'apaisement. On ressort d'Uroboros avec plusieurs sensations d'arrière-goût. C’est dans cet état d’esprit que, pour chaque parole, est laissé un sentiment d’incomplétude, ou une difficulté à comprendre. Kyô écrit dans le but d’avoir une image qui arrive facilement à l’esprit, quand on a écouté la totalité de l’album. Les paroles ne contiennent que pas de la haine et que de la rancœur, elles montrent un monde qui s’est ouvert et qu’on observe des profondeurs. Le Kyô de DIR EN GREY a choisi de regarder, des bas fonds, le ciel et de laisser un sentiment d’arrière-goût. Les paroles contiennent du désespoir et de la colère, pourtant, quand on a tout écouté, bizarrement ce n’est pas le désespoir qui reste, on ressent une image de force et un grand désir d’aller de l’avant.


La mort d'une entité, la réincarnation et le renouvellement.

Définissant Kyô comme peintre de sa propre musique, son intention première est de donner vie à ses textes, aux musiques de son groupe. Par ses paroles il peint une sorte de toile, un tableau. Les mots sont la peinture tandis que l'instrumentation sert de toile blanche et plus les phrases se posent plus le tableau se peint. Le fait que plusieurs sensations et interprétations nous viennent en tête à l'écoute de ses mots vient de son désir de créer des textes en trois dimensions. Grâce à cette polysémie obtenue part son style d'écriture personnel et unique alliant différentes formes littéraires japonaises, Kyô offre à sa plaidoirie un lot de sensations organiques plus subtiles les unes que les autres.



- Bilan de l'entité.

Le tout est un disque extrêmement noir et mystique qui dose intelligemment la violence avec la douceur (douleur ?). Pièce maîtresse de DIR EN GREY à ce jour, Uroboros est DIR EN GREY et DIR EN GREY est Uroboros. Et d'une certaine façon, les 5 japonais atteignent une similitude d'état d'Adam Kadmon sous-entendant une symbiose parfaite entre eux, leurs pensées, leurs âmes et leur création commune.

Uroboros est une alliance parfaite de poésie intime et noire, de colère et de musique métal/rock. L'excellente symbiose de la sensibilité, de l'émotion, et du son percutant englobé dans une sphère de mélancolie poignante.
La dureté déchirante, criante côtoie la sensibilité à fleur de peau.
Crachat de venin sanguinolent, charme morbide et dolent, les chansons laissent une saveur troublante. On s'y sent comme en plein rêve aux perturbations nombreuses dans l'immensité du monde. Le flot de cris ou de chuchotements accompagnés de notes par ses archets dessine un air fatal, une détresse ou clairement une ivresse.

Ce qui en ressort est une musique au tournoiement de couleurs, de mots et de sons. Le halo d'instruments avec la poussière sonore étale la puissance, la vision d'Uroboros. Mystique, torturé, obscur, merveilleux, évasif, cet album transporte l'auditeur halluciné qui, par le biais de la musique, se voit avoir un tas de représentations en tête.

Fureur, bruit, déchirement, douceur, mélancolie s'entremêlent et se séparent merveilleusement nous détruisant et nous faisant renaître à l'infini : Une expérience synesthésique et organique unique en son genre.

Fin d'un cycle, d'une vie et début d'une autre... Replay ?

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Hizumi-Scissorhands-

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MessageSujet: Re: Mes chroniques   Mer 28 Juil - 7:51

REDEEMER (D'espairsRay)

"Pour l'instant perdu et tourmenté,
L'âme du poète n'arrive plus à se libérer,
Son stylo et ses feuilles de papier,
Qui si longtemps lui ont donné leur amitié ;
Aujourd'hui se détournent de lui pour rester
Dans leur tiroir à tout jamais.

Mais dans ce qui sera peut-être le dernier de mes poèmes
J'aimerais dire à tous ceux que j'aime,
Que d'écrire je ne trouve plus de raison
Et que c'est peut-être là l'heure de la rédemption."



1. Lizard
2. BRILLIANT
3. REDEEMER
4. 琥珀
5. KAMIKAZE
6. Lost in re:birth
7. R.E.M-冬の幻聴-
8. HORIZON
9. MASQUERADE
10. 夜空
11. PARADOX 5
12. HEAVEN'S COLOR



Le grand retour de D’ESPAIRSRAY est signé. Après 2 ans d’attente suite à son second album, MIЯROR , confirmant le fait que c’est une formation au top et qui n’a plus rien à prouver, le groupe rock gothique et électronique Japonais du moment revient début 2009 avec ce troisième full-album délicatement nommé REDEEMER, le rédempteur…


Un tel titre éveille donc les interrogations auprès du public. REDEEMER ? Que signifie ce rédempteur ? Le groupe cherche-t-il une rédemption par le biais de sa musique ? La notion de rédemption est donc omniprésente sur cet album où D’ESPAIRSRAY semble continuer son évolution vers un son plus rock et hard rock que métal bien lourd et malsain comme le laissait déjà deviner MIЯROR l’opus précédent. Que reste-t-il donc de D’ESPAIRSRAY si l’ingrédient principal de leur musique se voit modifié ? Réponse toute simple, il reste encore et toujours D’ESPAIRSRAY quoi qu’il arrive… le son plus orienté rock que métal permet aux musiciens de plus larges expérimentations avec leurs instruments comme notamment apparition de nombreux courts mais plaisants soli de guitare de la part de Karyu, dont on sent de plus en plus une influence du guitariste John 5 (ex-Marilyn Manson), un son de basse plus effacé pour ZERO mais qui en revanche va nous servir pour la première fois un solo de son instrument, TSUKASA qui martèle ses fûts en différents registres comme à l’accoutumée oscillant entre les styles dansant, martial, pop ou heavy… Et surtout HIZUMI, la voix de l’entité D’ESPAIRSRAY depuis plus de 10 ans et il en a fait du chemin depuis les débuts, à l’image de ses collègues. Ses lignes vocales se font plus mélodiques que par le passé, plus suaves, plus variées (il n’est pas étonnant de l’entendre monter dans les notes aigües). Son timbre de voix se rapproche de plus en plus de celui de HYDE (chanteur de L’arc~en~ciel) avec un soupçon de Ville Valo (chez HIM). En parallèle HIZUMI sait toujours assoir son savoir-faire criard qui donne à la fois une détresse émotionnelle certaine et un grand punch aux compositions.


Cet album de la rédemption s’ouvre donc sur les samples crescendo electro/trance de Lizard avant que les lourds instruments ne viennent percuter le son à la manière d’un RAMMSTEIN. Cette piste n’est pas sans rappeler DAMNED, la piste d’ouverture de l’album précédent de part son ambiance sombre, ses couplets posés et ses refrains dévastateurs. Là où Lizard se démarque de sa sœur ainée est dans son côté rentre-dedans plus prononcé, le solo heavy de guitare et dans l’apparition de lignes mélodiques en guise de post-refrain perçants comme des rayons de luminosité dans un ciel aux nuages menaçants. ~ « Underworld image… »~ C’est donc un titre purement et sombrement familier que l’on trouve pour l’ouverture du REDEEMER mais qui amorce déjà l’orientation empruntée par le groupe sur ce disque de rédemption. S’enchaîne directement l’un des singles de l’album : BRILLANT. Titre purement rock au sample électronique sonnant comme de milliers de scintillements, l’image qui en ressort principalement est celle d’un miroir (certainement celui posé lors de l’album ainé) volant en milles et milles éclats ~ « Kagami wo kowashite ... » ~ où un parolier chante sa volonté de liberté avide de retrouver et de montrer un monde lumineux comme il l’a aperçu une fois. Quand finissent de s’estomper au loin les sons des scintillements du miroir brisé, une base rythmique martiale résonne fortement, se pose la guitare et une voix familière proclamant haut et fort un réveil des consciences, une explosion des émotions individuelles et une volonté de ne plus être asservi. Voici donc le titre éponyme et l’une des pièces maîtresses de ce disque : REDEEMER. C’est sous un tonnerre de sons furieux et terriblement endiablés que ce titre à la fois entraînant et colérique démontre la rédemption et la maturité acquise par D’ESPAIRSRAY au cours de 10 ans. ~ «Screaming out your emotions !»~ Là où, au cours de nombreuses années, le groupe se posait en victimes adolescentes aux prises avec une noirceur intense, un mal être appuyé et de nombreux questionnements sur le côté obscur de l’être humain, il se pose désormais comme des adultes relevés haut le front. Enrichis de leurs expériences passées, les protagonistes musicaux du célèbre Rayon Clair/Obscur décident de prendre le taureau par les cornes, de se relever et de se révolter. C’est haut le poing et la nuque battante que l’on traverse ce titre purement D’ESPAIRSRAY en ayant un pied dans le rock gothique, un autre dans le métal industriel et les pensées dans la colère. La tension retombe lorsque le son du synthétiseur à ambiance nocturne se fait entendre ouvrant la quatrième piste ; 琥珀 (Kohaku). Mélancolique est le maître mot pour caractériser cette chanson où s’entrechoquent les instruments incisifs avec le synthétiseur produisant des sons évoquant une ambiance nocturne à la façon de The Birthday Massacre. Cette piste laisse libre court au parolier HIZUMI et à sa touchante poésie dépeignant une personne perdant tout ce qui lui est chère dans une ville endormie sous un ciel nocturne sans étoiles. « ~ Nemuranai kono machi no hoshi ha kazarenai… »~ Dans cette volonté de se repentir de ses péchés, l’auteur-interprète de cette prose aux couleurs ambrées tend sa main pour faire entendre, aux perdus, la mélodie des échos de l’aurore lointaine. Les titres KAMIKAZE et Lost in Re ;birth reprennent le flambeau rallumant un feu apaisé l’espace de quelques minutes par l’ambre. KAMIKAZE , second single tiré de ce disque s’illustre comme la parfaite cohésion entre musique électronique aux samples omniprésents et du rock. Cette approche délivre une composition efficace et entraînante à souhait. Guitare électrique et voix au vocoder dominent ce titre illustrant l’héritage et la mentalité de ces grands samouraïs sacrifiant leur vie durant la bataille au profit de leurs choses chéries et éphémères. Devenant ainsi le vent et s’élevant dans les airs. ~«I’m leaving... »~ Suite à la mort, la tragédie se poursuit au-delà lorsque vient la renaissance. Lost in Re;birth, autre pièce maîtresse de ce disque est un titre exclusivement noir où seules la tristesse et la détresse règnent. Musicalement le plus heavy de l’album ce morceau peint une estampe noire signant le retour d’interrogations sur la présence du néant total après la mort. Les capacités criardes d’HIZUMI répondent présentes à l’appel, illustrant sa détresse et sa peur profonde. La rythmique martèle fort et se fait plus lourde de part le son de basse de ZERO, quant à Karyu et sa guitare ils appuient davantage cet effet de lourdeur et d’incision dans le son instrumental aboutissant à un final typiquement heavy metal. Et comme par habitude, la touche industrielle se pose sur cette composition tristement enragée via des samples rapides accentuant le caractère « urgent » d’une détresse sans fin. ~The blight and god...~

La colère s’estompe lorsque sonnent les premières notes acoustiques de R.E.M-冬の幻聴- (R.E.M-Fuyu no genchou-) qui dégage une image d’un ciel obscurci par les nuages sombres. L’ambiance est au froid et à la mélancolie sur cette première ballade de REDEEMER. L’instrumentale acoustique crée une ambiance intimiste et sensible autour de ses interprètes laissant HIZUMI faire couler l’encre noire de son texte sur une musique aux couleurs d’un hiver triste, sa voix accompagnée par quelques notes de piano. Cette audition hivernale récite la situation d’un homme vidé et seul ayant perdu son âme la plus chère. Il pense la voir en rêve, se remémorant des souvenirs qui lui sont à la fois chaleureux mais follement déchirants et douloureux à ce jour. C’est ainsi que la chaleur lumineuse du soleil se transforme en froid pâle et glaçant de flocons de neige tombant d’un ciel ténébreux. ~«Yume mita... »~ Une cicatrice de plus à mettre sur le compte de la fatalité venant d’inscrire au corps de l’homme en plein repentir. La neige s’arrête de tomber, le ciel s’éclaircit se tenant debout 4 hommes, le regard fixe et le cœur battant vers l’HORIZON. Quelques notes de guitare résonnent et c’est une musicalité oscillant entre pop-rock et rock pur qui nous accompagne vers cet horizon nouvellement né. La plume du rédempteur signe son retour après une longue et lourde mélancolie dans laquelle celui-ci s’était tourmenté. Ici tout est question de se relever, de regarder au loin, d’y voir ses rêves et de s’y rendre aussi vite que le vent. L’espoir renaît tout comme l’horizon ressurgit de la terre. Troisième et ultime single tiré de ce full-album, la musique de celui-ci déroute totalement l’auditeur du D’ESPAIRSRAY habituel. Exit le son industriel et gothique, laissons place un titre purement rock aux chœurs entêtants n’étant pas sans rappeler le style musical du célèbre groupe de rock nippon L’arc~en~ciel (du style des albums SMILE, AWAKE et KISS). Les incursions de flow rap en guise de post-refrain et le solo du guitariste possédé apportent un dynamisme prononcé et entraînant à cette chanson plus rayonnante que les pistes déjà parcourues. HORIZON reflète bien l’écho de la lumière parmi un amas obscur dans l’ambigüité du nom du groupe ; « Despair » d’un côté et « Ray » de l’autre. Lorsque le son teinté de rock’n’roll d’HORIZON s’arrête un écho crescendo de samples électroniques se fait entendre et c’est lorsque la rythmique de TSUKASA et ZERO tombe telle une masse accompagnée avec lourdeur de la guitare de Karyu que l’on comprend arrivée la neuvième piste de l’album, à l’aspect mélancolique, lent et pesant ; MASQUERADE. L’horizon est son rayon d’espoir se sont estompés laissant de nouveau place aux interrogations sur « la vérité ». Celle-ci semblerait, aussi triste soit-elle, se cacher derrière un tissu de mensonges virevoltant telle une mascarade. ~« The truth is veil under the lie. On the verge of sadness…»~ D’ESPAIRSRAY, de nouveau tourmenté, nous livre une musique puissante, triste et torturée instaurant un équilibre entre rage et mélodie. Ici point de solo du guitariste mais présence d’un passage en pur shred à l’unisson avec la rythmique au blast-beat martelant à grands coups puissants. La sensation de renfort, de colère et de puissance n’en n’est que décuplée. Autre pièce maîtresse de REDEEMER à la mélodie sensible et touchante mais terriblement dévastatrice, MASQUERADE s’instaure comme l’un des titres les plus émotionnels du disque mais également de la discographie du groupe. D’ESPAIRSRAY se débat de nouveau dans ses propres tourments, questionnements et abysses intérieures… Telle lors d’une mascarade.

Ne laissant pas de répit le groupe enchaîne directement par la très enjouée au paysage de ciel nocturne scintillant et à la musicalité punk-rock : 夜空 (Yozora). A la façon de 琥珀 (Kohaku) le titre présente une prédominance de samples et de sons de synthé au son de scintillements à l’image des étoiles du ciel décrites dans le texte. Une volonté de voler et de rencontrer son amour, HIZUMI désire dessiner les constellations du ciel étoilé. Ces constellations donnant lieu à milles et milles histoires et quand celles-ci tombent (référence aux étoiles filantes et comètes) le poète se voit comme dans un rêve interminable sous le scintillement de milliers d’astres. Titre complètement déroutant de la part de D’ESPAIRSRAY, véritable OVNI dans leur discographie de part un son punk-rock façon californienne très enjoué dépeignant un ciel noir/bleu nuit illuminé par la brillance des étoiles. ~«Kimi to yozora... »~ Cachant une certaine mélancolie dans les paroles et la ligne de chant, 夜空 (Yozora) est un titre romantique, rêveur et sentimental. Sur la rythmique typiquement punk-rock se posent l’électronique scintillante revenant de manière entêtante, la guitare électrique d’un registre rock et léger et une ligne de chant pop très prenante lorsque celle-ci monte dans les aigües du refrain. Grande première chez D’ESPAIRSRAY ZERO le bassiste nous gratifie d’un solo de basse avant que Karyu et sa guitare ne prennent le relai. Le bassiste plus effacé sur cet album qu’à l’accoutumé tend à reprendre ses droits et son territoire en faisant sonner sa symbiose instrumentale au milieu des autres sons. Ce qui pourra choquer sur ce morceau en plus de son orientation musicale est le fait qu’elle ressemble étrangement à JESSICA du groupe métalleux poétique et intimiste DIR EN GREY, même son, même approche et même contraste entre le paysage du son et les paroles... Le chant des étoiles s’éteint faisant de la place à un son mystique, un chant sacré sonnant au loin. Une rythmique ethnique prend peu à peu la place, des chœurs orientaux féminins s’installent avec le son d’instruments traditionnels, le ciel étoilé laisse place à une pluie pleurante en terre sacrée voilà PARADOX 5. Tout du long de ce titre ambiant et posé le groupe nous invite au saṃsāra, dépeignant le voyage de l’âme dans le cycle des existences conditionnées. HIZUMI décrit une autre étape du voyage du rédempteur dans sa quête de paix et de renaissance. 4 hommes marchant dans le mouvement circulaire de la conscience divine dans l'espace et le temps, la ronde « ouroboros » des naissances et des morts… Simplement 4 hommes marchant sur les routes de notre monde, enchaînés à leur souffrance, ne pouvant y échapper. Le rédempteur laisse parcourir son âme dans la quête de cette cessation de souffrance promise, le nirvāna. Lorsque sonne la batterie et la guitare claire des musiciens, un sentiment d’élévation nous envahi et nous emporte, c’est ainsi que débute l’ultime titre de l’album REDEEMER : HEAVEN’S COLOR. Cette toile poétique à couleur d’eau trouble et à sonorités pop-rock dans la veine d’HORIZON clôture la marche du rédempteur sur des notes célestes et aériennes contant l’histoire d’un homme devenu ange gardien voulant protéger l’opprimé et le guider l’égaré dans le désespoir. Vers le ciel… ~ Une conclusion en suspend à l’image de la conclusion de Kaleidoscope sur MIЯROR, D’ESPAIRSRAY laisse deviner qu’il y’aura une suite à ces évènements contés. ~« Leaving for heaven... »~


REDEEMER s'impose comme la suite de MIЯROR tout comme ce dernier s'imposait comme la suite logique de [Coll : set]. Le travail de D'ESPAIRSRAY, ici, se base avant tout sur les mélodies de leur musique enflammée, primant une ambiance romantique et mélancolique gravitant autour du thème : "D'être sauvé". Sur cet album leur musique continue son évolution naturelle vers plus de sensations Hard Rock permettant l'incursion d'éléments mélodiques de musique Pop et d'influences ethniques sans jamais sacrifier son savoir faire : Une attaque propulsive et l'éclat industriel qui est une partie essentielle de leur son. La quête du rédempteur s’achève pour le moment laissant derrière lui un album de rock de très bonne facture, déconcertant et surprenant si l’on s’attend à retrouver la même recette que les anciens opus. Moins malsain, moins horrifique que les albums précédents ce REDEEMER témoigne de l’évolution tant bien dans la musique du groupe que dans leurs mentalités. Là où tout n’était que noirceur implacable et étouffante, REDEEMER, tout comme l’amorçait MIЯROR veut faire passer un goût plus doux dans l’amertume d’une souffrance, veut garder un rayon d’espoir parmi un mal être prononcé et une maturité réfléchie. Le groupe du « Rayon Clair/Obscur » frappe un grand coup, marquant concrètement une séparation entre des pistes sombres, des pistes claires et des pistes à l’ambigüité de rayonnement ténébreux.

Ce qu’il faut en retenir c’est que D’ESPAIRSRAY sert un album fort mélancolique, poétique et romantique où les différents contrastes passent par les variations d’un ciel nocturne parfois sans vie, tantôt illuminé par la lumière flambante des étoiles, souvent obscur, pluvieux et froid portant toujours le regard sur l’horizon voulant déceler les couleurs du paradis lorsque l’aube fait résonner ses échos. Cet album n’est pas dénué de quelques défauts, comme les incursions de musique pop qui en rebuteront quelques uns, l’orientation plus rock que métal passera pour « moins intense » aux côtés de certains, le fait que夜空 (Yozora) puisse passer à peu de chose près pour une reprise de JESSICA du groupe DIR EN GREY, ou encore le découpage étrange de la tracklist vers la fin de l’album passant d’un clair à un obscur puis encore d’un clair à un obscur alors que la première partie jusqu’à la 7ème piste (R.E.M-冬の幻聴- ) était mieux menée. Moins métal cinglant et plus rock, moins industriel et plus électronique, moins gothique et plus glam, les expérimentations sont là, la poésie est là, le groupe n’a pas changé, il a mûri, grandit. Seule son approche et sa façon de faire son neuves de façon à se renouveler dans le cercle infini du saṃsāra…
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MessageSujet: Re: Mes chroniques   Mer 28 Juil - 7:52

REDEEMER (D'espairsRay)

"Pour l'instant perdu et tourmenté,
L'âme du poète n'arrive plus à se libérer,
Son stylo et ses feuilles de papier,
Qui si longtemps lui ont donné leur amitié ;
Aujourd'hui se détournent de lui pour rester
Dans leur tiroir à tout jamais.

Mais dans ce qui sera peut-être le dernier de mes poèmes
J'aimerais dire à tous ceux que j'aime,
Que d'écrire je ne trouve plus de raison
Et que c'est peut-être là l'heure de la rédemption."



1. Lizard
2. BRILLIANT
3. REDEEMER
4. 琥珀
5. KAMIKAZE
6. Lost in re:birth
7. R.E.M-冬の幻聴-
8. HORIZON
9. MASQUERADE
10. 夜空
11. PARADOX 5
12. HEAVEN'S COLOR



Le grand retour de D’ESPAIRSRAY est signé. Après 2 ans d’attente suite à son second album, MIЯROR, confirmant le fait que c’est une formation au top et qui n’a plus rien à prouver, le groupe rock gothique et électronique Japonais du moment revient début 2009 avec ce troisième full-album délicatement nommé Redeemer, le rédempteur…


Un tel titre éveille donc les interrogations auprès du public. Redeemer ? Que signifie ce rédempteur ? Le groupe cherche-t-il une rédemption par le biais de sa musique ? La notion de rédemption est donc omniprésente sur cet album où D’ESPAIRSRAY semble continuer son évolution vers un son plus rock et hard rock que métal bien lourd et malsain comme le laissait déjà deviner MIЯROR l’opus précédent. Que reste-t-il donc de D’ESPAIRSRAY si l’ingrédient principal de leur musique se voit modifié ? Réponse toute simple, il reste encore et toujours D’ESPAIRSRAY quoi qu’il arrive… le son plus orienté rock que métal permet aux musiciens de plus larges expérimentations avec leurs instruments comme notamment apparition de nombreux courts mais plaisants soli de guitare de la part de Karyu, dont on sent de plus en plus une influence du guitariste John 5 (ex-Marilyn Manson), un son de basse plus effacé pour ZERO mais qui en revanche va nous servir pour la première fois un solo de son instrument, TSUKASA qui martèle ses fûts en différents registres comme à l’accoutumée oscillant entre les styles dansant, martial, pop ou heavy… Et surtout HIZUMI, la voix de l’entité D’ESPAIRSRAY depuis plus de 10 ans et il en a fait du chemin depuis les débuts, à l’image de ses collègues. Ses lignes vocales se font plus mélodiques que par le passé, plus suaves, plus variées (il n’est pas étonnant de l’entendre monter dans les notes aigües). Son timbre de voix se rapproche de plus en plus de celui de HYDE (chanteur de L’arc~en~ciel) avec un soupçon de Ville Valo (chez HIM). En parallèle HIZUMI sait toujours assoir son savoir-faire criard qui donne à la fois une détresse émotionnelle certaine et un grand punch aux compositions. Le cheminement de son évolution vocale n'est pas sans rappeler celui de Tatsurou chez MUCC dans la diversité de notes.


Cet album de la rédemption s’ouvre donc sur les samples crescendo electro/trance de Lizard avant que les lourds instruments ne viennent percuter le son à la manière d’un RAMMSTEIN. Cette piste n’est pas sans rappeler DAMNED, la piste d’ouverture de l’album précédent de part son ambiance sombre, ses couplets posés et ses refrains dévastateurs. Là où Lizard se démarque de sa sœur ainée est dans son côté rentre-dedans plus prononcé, le solo heavy de guitare et dans l’apparition de lignes mélodiques en guise de post-refrain perçants comme des rayons de luminosité dans un ciel aux nuages menaçants. ~ « Underworld image… »~ C’est donc un titre purement et sombrement familier que l’on trouve pour l’ouverture du Redeemer mais qui amorce déjà l’orientation empruntée par le groupe sur ce disque de rédemption. S’enchaîne directement l’un des singles de l’album : Brillant. Titre purement rock au sample électronique sonnant comme de milliers de scintillements, l’image qui en ressort principalement est celle d’un miroir (certainement celui posé lors de l’album ainé) volant en milles et milles éclats ~ « Kagami wo kowashite ... » ~ où un parolier chante sa volonté de liberté avide de retrouver et de montrer un monde lumineux comme il l’a aperçu une fois. Quand finissent de s’estomper au loin les sons des scintillements du miroir brisé, une base rythmique martiale résonne fortement, se pose la guitare et une voix familière proclamant haut et fort un réveil des consciences, une explosion des émotions individuelles et une volonté de ne plus être asservi. Voici donc le titre éponyme et l’une des pièces maîtresses de ce disque : Redeemer.

C’est sous un tonnerre de sons furieux et terriblement endiablés que ce titre à la fois entraînant et colérique démontre la rédemption et la maturité acquise par D’ESPAIRSRAY au cours de 10 ans. ~«Screaming out your emotions !»~ Là où, au cours de nombreuses années, le groupe se posait en victimes adolescentes aux prises avec une noirceur intense, un mal être appuyé et de nombreux questionnements sur le côté obscur de l’être humain, il se pose désormais comme des adultes relevés haut le front. Enrichis de leurs expériences passées, les protagonistes musicaux du célèbre Rayon Clair/Obscur décident de prendre le taureau par les cornes, de se relever et de se révolter. C’est haut le poing et la nuque battante que l’on traverse ce titre purement D’ESPAIRSRAY en ayant un pied dans le rock gothique, un autre dans le métal industriel et les pensées dans la colère. La tension retombe lorsque le son du synthétiseur à ambiance nocturne se fait entendre ouvrant la quatrième piste ; 琥珀 (Kohaku).

Mélancolique est le maître mot pour caractériser cette chanson où s’entrechoquent les instruments avec le synthétiseur produisant des sons évoquant une ambiance nocturne à la façon de The Birthday Massacre. Cette piste laisse libre court au parolier HIZUMI et à sa touchante poésie dépeignant une personne perdant tout ce qui lui est chère dans une ville endormie sous un ciel nocturne sans étoiles. « ~ Nemuranai kono machi no hoshi ha kazarenai… »~ Dans cette volonté de se repentir de ses péchés, l’auteur-interprète de cette prose aux couleurs ambrées tend sa main pour faire entendre, aux perdus, la mélodie des échos de l’aurore lointaine. Les titres Kamikaze et Lost in Re ;birth reprennent le flambeau rallumant un feu apaisé l’espace de quelques minutes par l’ambre. Kamikaze, second single tiré de ce disque s’illustre comme la parfaite cohésion entre musique électronique aux samples omniprésents et du rock. Cette approche délivre une composition efficace et entraînante à souhait. Guitare électrique et voix au vocoder dominent ce titre illustrant l’héritage et la mentalité de ces grands samouraïs sacrifiant leur vie durant la bataille au profit de leurs choses chéries et éphémères. Devenant ainsi le vent et s’élevant dans les airs. ~«I’m leaving... »~ Suite à la mort, la tragédie se poursuit au-delà lorsque vient la renaissance. Lost in Re;birth, autre pièce maîtresse de ce disque est un titre exclusivement noir où seules la tristesse et la détresse règnent. Musicalement le plus heavy de l’album ce morceau peint une estampe noire signant le retour d’interrogations sur la présence du néant total après la mort. Les capacités criardes d’HIZUMI répondent présentes à l’appel, illustrant sa détresse et sa peur profonde. La rythmique martèle fort et se fait plus lourde de part le son de basse de ZERO, quant à Karyu et sa guitare ils appuient davantage cet effet de lourdeur et d’incision dans le son instrumental aboutissant à un final typiquement heavy et épique. Et comme par habitude, la touche industrielle se pose sur cette composition tristement enragée via des samples rapides accentuant le caractère « urgent » d’une détresse sans fin. ~The blight and god...~

La colère s’estompe lorsque sonnent les premières notes acoustiques de R.E.M-冬の幻聴- (R.E.M-Fuyu no genchou-) qui dégage une image d’un ciel obscurci par les nuages sombres. L’ambiance est au froid et à la mélancolie sur cette première ballade de Redeemer. L’instrumentale acoustique crée une ambiance intimiste et sensible autour de ses interprètes laissant HIZUMI faire couler l’encre noire de son texte sur une musique aux couleurs d’un hiver triste, sa voix accompagnée par quelques notes de piano. Cette audition hivernale récite la situation d’un homme vidé et seul ayant perdu son âme la plus chère. Il pense la voir en rêve, se remémorant des souvenirs qui lui sont à la fois chaleureux mais follement déchirants et douloureux à ce jour. C’est ainsi que la chaleur lumineuse du soleil se transforme en froid pâle et glaçant de flocons de neige tombant d’un ciel ténébreux. ~«Yume mita... »~ Une cicatrice de plus à mettre sur le compte de la fatalité venant s’inscrire au corps de l’homme en plein repentir. La neige s’arrête de tomber, le ciel s’éclaircit se tenant debout 4 hommes, le regard fixe et le cœur battant vers l’Horizon.

Quelques notes de guitare résonnent et c’est une musicalité oscillant entre pop-rock et rock pur qui nous accompagne vers cet Horizon nouvellement né. La plume du rédempteur signe son retour après une longue et lourde mélancolie dans laquelle celui-ci s’était tourmenté. Ici tout est question de se relever, de regarder au loin, d’y voir ses rêves et de s’y rendre aussi vite que le vent. L’espoir renaît tout comme l’Horizon ressurgit de la terre. Troisième et ultime single tiré de ce full-album, la musique de celui-ci déroute totalement l’auditeur du D’ESPAIRSRAY habituel. Exit le son industriel et gothique, laissons place un titre purement rock aux chœurs entêtants n’étant pas sans rappeler le style musical du célèbre groupe de rock nippon L’arc~en~ciel (du style des albums SMILE, AWAKE et KISS). Les incursions de flow rap en guise de post-refrain et le solo du guitariste possédé apportent un dynamisme prononcé et entraînant à cette chanson plus rayonnante que les pistes déjà parcourues. Horizon reflète bien l’écho de la lumière parmi un amas obscur dans l’ambigüité du nom du groupe ; « Despair » d’un côté et « Ray » de l’autre. Lorsque le son teinté de rock’n’roll d’Horizon s’arrête un écho crescendo de samples électroniques se fait entendre et c’est lorsque la rythmique de TSUKASA et ZERO tombe telle une masse accompagnée avec lourdeur de la guitare de Karyu que l’on comprend arrivée la neuvième piste de l’album, à l’aspect mélancolique, lent et pesant ; MASQUERADE. L’Horizon est son rayon d’espoir se sont estompés laissant de nouveau place aux interrogations sur « la vérité ». Celle-ci semblerait, aussi triste soit-elle, se cacher derrière un tissu de mensonges virevoltant telle une mascarade. ~« The truth is veil under the lie. On the verge of sadness…»~ D’ESPAIRSRAY, de nouveau tourmenté, nous livre une musique puissante, triste et torturée instaurant un équilibre entre rage et mélodie. Ici point de solo du guitariste mais présence d’un passage en pur shred à l’unisson avec la rythmique au blast-beat martelant à grands coups puissants. La sensation de renfort, de colère et de puissance n’en n’est que décuplée. Autre pièce maîtresse de Redeemer à la mélodie sensible et touchante mais terriblement dévastatrice, MASQUERADE s’instaure comme l’un des titres les plus émotionnels du disque mais également de la discographie du groupe. D’ESPAIRSRAY se débat de nouveau dans ses propres tourments, questionnements et abysses intérieures…

Telle lors d’une mascarade.

Ne laissant pas de répit le groupe enchaîne directement par la très enjouée au paysage de ciel nocturne scintillant et à la musicalité punk-rock : 夜空 (Yozora). A la façon de琥珀 (Kohaku) le titre présente une prédominance de samples et de sons de synthé au son de scintillements à l’image des étoiles du ciel décrites dans le texte. Une volonté de voler et de rencontrer son amour, HIZUMI désire dessiner les constellations du ciel étoilé. Ces constellations donnant lieu à milles et milles histoires et quand celles-ci tombent (référence aux étoiles filantes et comètes) le poète se voit comme dans un rêve interminable sous le scintillement de milliers d’astres. Titre complètement déroutant de la part de D’ESPAIRSRAY, véritable OVNI dans leur discographie de part un son punk-rock façon californienne très enjoué dépeignant un ciel noir/bleu nuit illuminé par la brillance des étoiles. ~«Kimi to yozora... »~ Cachant une certaine mélancolie dans les paroles et la ligne de chant, 夜空 (Yozora) est un titre romantique, rêveur et sentimental. Sur la rythmique typiquement punk-rock se posent l’électronique scintillante revenant de manière entêtante, la guitare électrique d’un registre rock et léger et une ligne de chant pop très prenante lorsque celle-ci monte dans les aigües du refrain. Grande première chez D’ESPAIRSRAY ZERO le bassiste nous gratifie d’un solo de basse avant que Karyu et sa guitare ne prennent le relai. Le bassiste plus effacé sur cet album qu’à l’accoutumé tend à reprendre ses droits et son territoire en faisant sonner sa symbiose instrumentale au milieu des autres sons. Ce qui pourra choquer sur ce morceau en plus de son orientation musicale est le fait qu’elle ressemble étrangement à JESSICA du groupe métalleux poétique et intimiste DIR EN GREY, même son, même approche et même contraste entre le paysage du son et les paroles... Le chant des étoiles s’éteint faisant de la place à un son mystique, un chant sacré sonnant au loin. Une rythmique ethnique prend peu à peu la place, des chœurs orientaux féminins s’installent avec le son d’instruments traditionnels, le ciel étoilé laisse place à une pluie pleurante en terre sacrée voilà PARADOX 5. Tout du long de ce titre ambiant et posé le groupe nous invite au saṃsāra, dépeignant le voyage de l’âme dans le cycle des existences conditionnées. HIZUMI décrit une autre étape du voyage du rédempteur dans sa quête de paix et de renaissance. 4 hommes marchant dans le mouvement circulaire de la conscience divine dans l'espace et le temps, la ronde « ouroboros » des naissances et des morts… Simplement 4 hommes marchant sur les routes de notre monde, enchaînés à leur souffrance, ne pouvant y échapper. Le rédempteur laisse parcourir son âme dans la quête de cette cessation de souffrance promise, le nirvâna. Lorsque sonne la batterie et la guitare claire des musiciens, un sentiment d’élévation nous envahi et nous emporte, c’est ainsi que débute l’ultime titre de l’album Redeemer : HEAVEN’S COLOR. Cette toile poétique à couleur d’eau trouble et à sonorités pop-rock dans la veine d’Horizon clôture la marche du rédempteur sur des notes célestes et aériennes contant l’histoire d’un homme devenu ange gardien voulant protéger l’opprimé et le guider alors qu'il est égaré dans le désespoir. Vers le ciel… ~ Une conclusion en suspend à l’image de la conclusion de Kaleidoscope sur MIЯROR, D’ESPAIRSRAY laisse deviner qu’il y’aura une suite à ces évènements contés alors que le rédempteur, lui, fini sa course vers le paradis qu'il a tant cherché. ~« Leaving for heaven... »~



Redeemer s'impose comme la suite de MIЯROR tout comme ce dernier s'imposait comme la suite logique de [Coll set]. Le travail de D'ESPAIRSRAY, ici, se base avant tout sur les mélodies de leur musique enflammée, primant une ambiance romantique et mélancolique gravitant autour du thème : "D'être sauvé". Sur cet album leur musique continue son évolution naturelle vers plus de sensations Hard Rock permettant l'incursion d'éléments mélodiques de musique Pop et d'influences ethniques sans jamais sacrifier son savoir faire : Une attaque propulsive et l'éclat industriel qui est une partie essentielle de leur son. La quête du rédempteur s’achève pour le moment laissant derrière lui un album de rock de très bonne facture, déconcertant et surprenant si l’on s’attend à retrouver la même recette que les anciens opus.

Moins malsain, moins horrifique que les albums précédents ce Redeemer témoigne de l’évolution tant bien dans la musique du groupe que dans leurs mentalités. Là où tout n’était que noirceur implacable et étouffante, Redeemer, tout comme l’amorçait MIЯROR veut faire passer un goût plus doux dans l’amertume d’une souffrance, veut garder un rayon d’espoir parmi un mal être prononcé et une maturité réfléchie. Le groupe du « Rayon Clair/Obscur » frappe un grand coup, marquant concrètement une séparation entre des pistes sombres, des pistes claires et des pistes à l’ambigüité de rayonnement ténébreux.


Ce qu’il faut en retenir c’est que D’ESPAIRSRAY sert un album fort mélancolique, poétique et romantique où les différents contrastes passent par les variations d’un ciel nocturne parfois sans vie, tantôt illuminé par la lumière flambante des étoiles, souvent obscurci, pluvieux et froid portant toujours le regard sur l’Horizon voulant déceler les couleurs du paradis lorsque l’aube fait résonner ses échos. Cet album n’est pas dénué de quelques défauts, comme les incursions de musique pop qui en rebuteront quelques uns, l’orientation plus rock que métal passera pour « moins intense » aux côtés de certains, le fait que 夜空 (Yozora) puisse passer à peu de chose près pour une reprise de JESSICA du groupe DIR EN GREY, ou encore le découpage étrange de la tracklist vers la fin de l’album passant d’un clair à un obscur puis encore d’un clair à un obscur alors que la première partie jusqu’à la 7ème piste (R.E.M-冬の幻聴- ) était mieux menée. Moins métal cinglant et plus rock, moins industriel et plus électronique, moins gothique et plus glamour, les expérimentations sont là, la poésie est là, le groupe n’a pas changé, il a mûri, grandit. Seule son approche et sa façon de faire son neuves de façon à se renouveler dans le cercle infini du saṃsāra…
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Hysope

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MessageSujet: Re: Mes chroniques   Mer 28 Juil - 8:04

Vous faites de très belles chroniques, le saviez-vous? J'aime beaucoup la structure de vos textes et votre façon d'écrire. Cependant, selon-moi, celles-ci seraient davantage à leurs places dans la section '' Critique ''.
* Part écouter l'album REDEEMER *

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Hizumi-Scissorhands-

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MessageSujet: Re: Mes chroniques   Mer 28 Juil - 8:07

Okay je bouge tout ça alors !
Je ne savais pas qu'une telle section existait, je ne l'ai certainement pas vu. J'y cours.

Et merci.

EDIT : C'est ok ! Vous pouvez supprimer ce sujet ^^
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MessageSujet: Re: Mes chroniques   

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Mes chroniques
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